Voici votre site 2010 remanié pour plus d'efficacité




Par André Louis LAFON


Comme toute discipline doit être définie avant d'être exposée, nous allons d'abord tenter de cerner le terme de NATUROPATHIE RENOVEE avant d'en présenter les principes.             

 

La Naturopathie s'appuyant sur des connaissances millénaires, d'aucuns trouveront farfelue une démarche qui vise à sa rénovation, tant il est vrai que cette discipline s'est longtemps suffi de ses concepts et modes d'applications ancestraux. Les fondements naturopathiques remontent à Hippocrate lui-même bien évidement plus Naturopathe que Médecin en ce sens que l'arsenal d'investigations et de soins ne pouvait s'appuyer que sur l'observation déductive et sur des thérapies issues du milieu naturel. Par ailleurs, les concepts hippocratiques se trouvaient alors fort éloignés de ceux de notre médecine moderne pour plusieurs raisons :

 

La maladie n'était pas envisagée sous un aspect symptomatique mais le thérapeute fondait toujours sa réflexion à partir de l'ensemble des données physiques et psychologiques (quand il n'allait pas jusqu'à tenir compte des astres ou autres facteurs cosmiques).

Les médicaments chimiques de synthèse n'existaient pas, aussi le praticien ne pouvait- il compter que sur les substances directement issues de la nature elle-même pour soulager ou guérir ses patients.

Selon la parole hippocratique « Que l'aliment soit ton premier médicament », il était fait grand cas de l'alimentation et sans s'appuyer sur la décomposition chimique des aliments, on appliquait les grandes règles concernant les bons produits alimentaires, les mauvais et les tolérances.

L'époque n'était pas celle du modernisme technologique, donc ce n'était pas non plus celle de l'impotence que notre sédentarité actuelle entraîne à long terme.

On peut ajouter comme un cinquième facteur nouveau, le triple empoisonnement : alimentaire, atmosphérique et psychologique dont l'intensité va croissant au fil des décennies modernes.

Donc globalement, dans un environnement nettement meilleur, on disposait à l'époque d'Hippocrate d'une vraie médecine globale qui respectait le précepte médical « Tu ne donneras ni n'inciteras tes patients à prendre des produits intoxicants ».  Qu'est devenu ce vœu des maîtres d'autrefois ?

 

Que manquait-il à cette médecine pour que l'on en arrive à la transformer à ce point ? Ces concepts sont demeurés inchangés après Hippocrate pendant plusieurs siècles, et il semble que seules leurs résistaient les grandes épidémies de peste, choléra ou encore, bien sûr, les grandes erreurs alimentaires ou hygiéniques.

 

La fin du XIXème siècle a vu se développer le « Scientisme médical » qui a vite répondu davantage aux besoins de l'économie qu'à ceux des patients. C'est à ce moment-là que la Naturopathie est devenue Médecine; quelque chose de tout à fait diffèrent dans ses conceptions, dans ses moyens, et bien souvent dans ses buts. L'individu a cessé d’exister aux yeux du praticien, il est devenu un foie, un estomac, voire même seulement une jaunisse ou un ulcère. A ce moment-là, la notion de « Médecin de campagne » a commencé à décliner et avec elle toute l'auréole d'humanité qui ennoblissait la profession. Aujourd'hui, le Médecin de campagne n'est plus qu'un médecin qui « travaille à la campagne », et le Médecin des villes n'est plus toujours le Médecin de famille tant les patients sont infidèles.

 

Cette situation a créé une certaine réaction du public qui tend à revenir vers les méthodes traditionnelles. La Naturopathie qui regroupe l'ensemble des techniques naturelles répond bien à cette attente et tend, dans son effort actuel d'organisation, à être encore mieux préparée pour sa mission future. Toutefois une réflexion doit se faire jour entre des conceptions naturopathiques honorables mais parfois désuètes et le délire scientifique actuel que l'ancienne école de naturopathie a rejeté en bloc.

 

Nous nous trouvons côté Médecins et côté Naturopathes, confrontés à deux attitudes antagonistes :

 

1°) - Les Médecins considèrent que les concepts prônés par les Naturopathes sont complètements dépassés. Il faut noter par ailleurs qu'ils leur reprochent un manque de formation ce qui est souvent vrai, (ce n'est toutefois pas le corps médical qui va encourager la formation des naturopathes).

 

2°) - Les Naturopathes considèrent que les Médecins sont obnubilés par l'aspect scientifique de la maladie en tant qu'ensemble de symptômes et qu'ils en oublient le malade en tant que personne physio-psychologique. Sans cette vision globale du totum humain perçu presque dans son contexte psychoaffectif et social, on ne peut, selon la conception naturopathique, connaître les vraies racines de nos déficiences organiques ou de nos « souffrances ».

 

De ces deux grands axes de mésentente, voire de conflit, bien malin qui pourrait dire lequel est porteur de la vérité. Le bon sens laisse apparaître que les deux doctrines ont leur utilité et l'on peut penser que l'intérêt de la santé publique dont on parle tant se trouverait bien d'une alliance leur permettant d'œuvrer dans la complémentarité.

 

En effet, il est vrai que les concepts naturopathiques sont, pour beaucoup d'écoles, résolument ancrés dans le passé. Tout progrès scientifique est nié et il faut ajouter à la décharge des Naturopathes que leur formation en France est parfois insuffisante pour aborder la réflexion sanitaire. Le défaut de reconnaissance de la profession, entretenu par le corps médical, entretient à son tour le manque de formation qui sert par la suite de point d'appui à la théorie s'opposant à la reconnaissance. La médecine dite officielle tient donc à bout de bras ce corps bien gênant des Naturopathes en s'appuyant sur une démarche absurde.

 

La médecine moderne, elle, se voit reprocher principalement son approche trop symptomatique. Le malade n'est pas intéressant en tant que personne et le praticien n'ouvre souvent le dialogue qu'avec l'organe malade et ceci via les analyses chimiques et autres approches scientifiques de plus en plus nombreuses qui établissent la communication entre le praticien et l'organe ou l'appareil organique en cause.                             

 

Le dialogue avec le malade lui-même, quand il n'est pas exclu, reste succinct et artificiel, tant que le praticien ne croit pas véritablement à l'utilité d'une coopération morale essentielle de la part du patient.

 

Bref cette médecine devenue inhumaine sauve des vies dans des cas sévères, là où la Naturopathie ne serait manifestement plus efficace, mais  échoue dans nombre de pathologies courantes où l'approche naturelle fait merveille.

 

Dès lors, il faut bien admettre que les deux "médecines", (puisque qu'on nous contraint à les scinder) ont leurs champs d'application respectifs, et que par conséquent, la concertation, voire la coopération des deux, serait apte à modifier d'une manière très favorable le climat sanitaire d'un pays civilisé.

 

Ceci, pour poser un peu les choses. Revenons maintenant de façon essentielle à la Naturopathie et nous devons désormais comprendre pourquoi le refus du progrès scientifique creuse encore davantage le fossé qui existe entre les deux disciplines.

 

La reconnaissance et l'usage en commun de critères scientifiques pourrait être un point de liaison entre les deux idéologies, faciliter des perspectives d'avenir qui déboucheraient vraiment sur l’intérêt du malade ; mais souhaite-t-on vraiment l’intérêt du malade ? On ne peut plus nier aujourd'hui que de gros intérêts financiers ont leur mot à dire dans la santé publique, et il est vraisemblable que les vraies dissensions sont plus économiques qu'idéologiques.

 

Le CNRI a opté pour l'adoption des progrès scientifiques dans toute la mesure où cela peut servir les intérêts de la santé. Bien souvent, le progrès permet de mettre à jour des méthodes susceptibles de remplacer des actions anciennes héroïques ou inutiles.

 

Nous pensons que s'il veut être résolument du côté du patient, le Naturopathe doit réfléchir en fonction des causes et du terrain en premier lieu, mais nous pensons aussi que son observation et son raisonnement ne doivent pas éviter la symptomatologie si l'on veut vraiment parler de médecine globale.

 

Il ne faut pas hésiter à superposer les différences du terrain avec leurs résonances organiques ultimes. La carence ou la surcharge ont un prolongement jusqu'aux symptômes et dans la démarche réflexive du praticien, le symptôme a aussi des choses à révéler. C'est lui qui détermine le degré de gravité de l'atteinte et si la plupart des désordres dont souffrent beaucoup de mal- portants peuvent être résolus par les méthodes de santé naturelle, le praticien de cet art doit être en mesure de connaître les augures de la maladie vraie, lésionnelle et pathologique, qui l’amèneront à adresser son patient au médecin allopathe.

 

Par ailleurs, si allopathie et naturopathie peuvent être complémentaires, cela ne peut se faire que si chacun des deux types de praticiens connaît les modes d'action de l'autre.

 

Puisque l'on sait que la plupart des médicaments intoxiquent, le Naturopathe qui reçoit un patient préalablement traité en milieu médical devra être en mesure d'élaborer la « remise en état » du terrain en fonction des actions préalablement menées par l'allopathie. Qu'on le veuille ou non, tout cela implique que la naturopathie lève les yeux vers la médecine et, en attendant que la réciproque soit, le Naturopathe doit faire son devoir. Et cela doit se faire même s'il est parfois difficile d'intégrer les deux façons de penser dans un même raisonnement.

 

C'est parce qu'il n'est pas un médecin que le naturopathe doit connaître avec précision où commence l'autre domaine. Et c'est parce que le dialogue sanitaire est son quotidien qu'il doit en connaître la démarche.

 

Gardons à l'esprit que l'action naturelle résoudra 80 % des désordres organiques ( l'allopathie sait cela ) et sachons reconnaître les 20 % qui ont dans l'immédiat un impérieux besoin de la médecine héroïque allopathique.

 

Le Naturopathe est avant tout un EDUCATEUR DE SANTE qui apprend, à une clientèle souvent bien portante, les méthodes qui lui permettront de développer et de conserver sa santé à un niveau optimum :  

Le premier objectif étant d'atteindre et de vivre une vieillesse longue et heureuse.

Le deuxième objectif est de l’ordre de l’évolution personnelle, mais ce n'est plus vraiment le rôle du Naturopathe qui doit se contenter dans sa démarche de l'amalgame chair-esprit, laissant l'âme pour des temps plus propices et pour laquelle, le moins que l’on puisse dire est que sa « guidance » est une forme de spécialisation.

 

Une autre différence fondamentale existe aussi entre les derniers siècles écoulés et notre époque actuelle, et c’est elle qui, avec la tolérance et la « largesse d’esprit » que l’on s’impose, est à la base de notre « raisonnement naturopathique rénové » : Il s’agit de la notion de stress. Jadis, ce facteur existait certes, mais à un niveau tellement faible que le « mot » lui-même n’existait pas. Et si le « stress » peut aussi, d’une certaine manière, se traduire par « souffrance », il faut bien se rendre à l’évidence que les souffrances de nos ancêtres ne sont pas les mêmes que celles qui minent notre existence, à l’aube du 3ème millénaire. Aujourd’hui, nous devons en tenir compte dans notre investigation de praticien. L’aliment ne doit plus être incriminé, comme il l’est encore trop souvent aujourd’hui en médecine naturelle, comme le facteur causal essentiel de tous nos maux. Nous devons nous poser les vraies questions : pourquoi telle personne a-t-elle  de mauvais « comportements » d’hygiène vitale ? Quelles sont les véritables causes ? Faut-il systématiquement donner des régimes ou des gélules de plantes, si l’on n’a pas pris soin au préalable d’aider ce patient à résoudre ses tensions nerveuses, ses conflits affectifs ou émotionnels ? Qui « tient la fourchette », le corps ou le cerveau ? Qui choisit de se malmener, de mal se nourrir ? Qui n’a pas envie de faire du sport, de se « prendre en main » ? Est-ce qu’en remplaçant la viande rouge par du soja, l’on va tout résoudre ? La personne va-t-elle retrouver une vraie santé ? Va-t-elle être « heureuse » ? L’O.M.S. donne cette jolie définition qui dit que « la véritable santé, ce ,n’est pas seulement l’absence de symptômes, mais une sensation agréable et positive de son corps, et une joie de vivre dans son esprit ». C’est ce défi que le COLLEGE DE NATUROPATHIE RENOVEE vous invite à relever par son enseignement.

 

En résumé, par son choix de médecine globale, le Naturopathe évolue souvent au cœur de sciences mystérieuses et mal définies. Il le doit car l’expérience séculaire a montré que l'être humain avait des ressorts impalpables dont le mode d'emploi est porté par la tradition et l’expérience beaucoup plus que par la science. Bravo donc aux spéculations énergétiques et radiantes qui font souvent de beaux cadeaux sans présenter d'effets iatrogènes. Est-ce que pour autant les facteurs scientifiques doivent être niés ? Nous ne le pensons pas. La Naturopathie rénovée est en fait une médecine intégrée prête à tout mettre en œuvre dans l’intérêt de ses patients. Elle doit se situer au-delà des écoles, des concepts et des catégories, tant il est vrai que chaque patient est unique, infiniment complexe et que chaque approche requiert toute l'humilité dont nous sommes capables.

 

Une médecine de l'homme total ne peut pas se limiter elle-même à cause de ses dogmes. Il lui faut chercher à soulager avec au ventre la soif continuelle d'apprendre et de comprendre, parce que chaque victoire ne nous appartient pas. Nous ne faisons que rétablir la proximité des facteurs indispensables à la vie qui se trouvaient momentanément désunis. Mais la grande victoire appartient à la Force Vitale qui est en nous, cette force vitale sans laquelle le savant comme le sorcier ne peuvent rien. On s’apercevra sans doute un jour que la nature de cette force n'est pas très différente de celle du principe spirituel qui nous habite.

 

Une « médecine » rénovée doit intégrer tout cela, si elle ne veut pas rester qu'un paragraphe du concept sanitaire global et évolutif que nous avons appelé   

 

NATUROPATHIE RENOVEE

 

André Lafon, Directeur du CNRI.